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Un jour un homme découvre quelque chose sur l’organisation du travail des cheminots qui ne lui plaît pas. D’ailleurs il y a beaucoup de choses qui fonctionnent différemment de ce qu’il croit et il tient à nous le dire : le corps humain bouge comme on ne voudrait pas, la guerre n’est pas la même que dans les films et les réveillons du nouvel an s’enchaînent sans que nous ne ressentions rien. Au fait, c’est quoi ressentir quelque chose ? Décidément, il semble que le monde soit globalement organisé d’une façon difficile à expliquer. Pourtant, cet homme est bien décidé à nous le faire comprendre.

En utilisant des exemples de la vie quotidienne, ce monologue excentrique propose une introduction à des questions philosophiques de façon imaginative et ludique. C’est un tremplin vers une expérience de pensée aussi bien pour le personnage que pour les spectateurs.

Texte
Evguéni Grichkovets
Traduction
Arnaud Le Glanic
Editions
Les Solitaires intempestifs
Mise en scène
Mélodie Etxeandia
Comédien
Ambjörn Elder
Scénographe
Noémie Géron
Création lumière
Romain Le Gall-Brachet
Compositeur
Jean-Louis Hennequin
Durée
80 minutes
 
 

Extraits

« J’ai simplement appris sur l’organisation du monde quelques chose qui ne m’a pas plu. Parce que, quand tu apprends comment une chose est faite … ce n’est pas qu’elle cesse de te plaire, mais, de la relation que tu avais jusque-là à cette chose … il ne reste rien … Peut-être que déjà avant elle ne te plaisait pas, mais elle se met à te déplaire d’une autre manière. Vous comprenez … d’une autre manière. »

« Ou tu as un hoquet, Dieu t’en préserve, … et quelqu’un secoue la tête comme ça, l’air de dire …, et moi même j’ai honte, mais je ne peux pas contrôler ça là que j’ai à l’intérieur de moi … C’est-à-dire, ce n’est pas moi qui l’ai fait, ce hoquet, pas MOI. Ça a hoqueté (…), mais pour tout le monde, c’est moi … Et moi qu’est-ce que je peux faire … Seulement m’excuser. Parce que je ne vais pas me mettre à expliquer que je ne voulais pas le faire, mais que c’est là tout à l’intérieur …, que mes intestins et mon estomac, ce n’est pas MOI. Et où je suis MOI ? »

« La première chose qu’ils ont déterré, c’étaient ses pieds … avec les chaussures. Les chaussures étaient lacées avec des lacets en cuir. Et le noeud des lacets faisait des boucles … Des boucles. De longues boucles. J’ai vu le noeud fait il y a un peu plus de cinquante ans par un être humain vivant. Il avait fait ses lacets, et puis il était mort. Il les avait faits exactement comme moi je fais les miens. (…) Quand j’ai vu ces chaussures, j’ai simplement pour la première fois de ma vie rencontré un soldat allemand vivant, c’est-à-dire un soldat de cette guerre-là. Et ma relation à la guerre est devenue encore plus compliquée. Beaucoup plus compliquée. »

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